Amoureux du pouvoir
La fascination du pouvoir fait partie intégrante du
personnage Malraux, dès ses premiers combats. Pourquoi
combattre en effet si ce n'est pour conquérir une part
de pouvoir ?
La participation au pouvoir, aboutissement logique de
l'action, sera pourtant dans la vie de Malraux l'épisode
le plus contesté.
Mon ami génial
Amoureux du pouvoir ?
Amoureux de de Gaulle d'abord. Tout commence par un
rendez-vous manqué : en 1940, Malraux, qui a entendu
l'appel du 18 Juin propose ses services au général
exilé à Londres. Malheureusement l'agent de liaison est
arrêté et avale la lettre de Malraux (!).
La rencontre entre les deux monuments qu'ils sont entre
temps devenus n'aura lieu qu'en 1945 et marquera le
début d'une histoire de fascinations et de fidélités
mutuelles.
Malraux a trouvé avec de Gaulle son nouveau type
de héros, à la fois mystique, romanesque et
réel.
Pour de Gaulle, Malraux sera l'ami génial, au
fulgurant jugement , selon ses termes; Malraux
représente aussi une caution intellectuelle indéniable
pour un gaullisme en recherche de légitimité.
Grand prêtre du Gaullisme
Malraux et de Gaulle dans les années 60
Bref ministre de l'information en 1945 et 1946, Malraux suit de
Gaulle lorsqu'il démissionne et créé le RPF ( Rassemblement du
Peuple Français ) . Il rêve avec de Gaulle d'un grand mouvement
populaire, trait d'union entre la droite et la gauche. Il en sera
le grand prêtre, le metteur en scène et l'orateur fétiche.
Mais le rêve rassembleur tournera court, le RPF deviendra un
parti essentiellement conservateur.
Ministre de la Culture
Malraux et Kennedy au Louvre
Quand le général de Gaulle revient au
pouvoir en 1958, Malraux fait bien entendu partie des
bagages. Il souhaite un grand ministère au
coeur de l'action, l'intérieur, mais il hérite de
l'information puis des affaires culturelles
qui ne sont pas encore la culture.
Il y restera jusqu'au départ de Gaulle en 1969.
De son oeuvre de ministre, on retiendra : les maisons de
la culture, l'inventaire national, le ravalement des
monuments de Paris, les grandes expositions. ambassadeur
permanent de la culture française, il aura un rôle
international important, notamment lors de son voyage en
Chine où il sera l'un des premiers occidentaux à
rencontrer Mao.
Malraux jouera aussi pleinement son rôle ( controversé )
de caution intellectuelle, prêchant la bonne parole
gaulliste à travers le monde.
La trahison du rebelle
Le long épisode ministériel a valu à Malraux les plus vives
critiques de la part de ses confrères artistes et intellectuels,
non pas à cause de ses réalisations de ministre mais du soutien
sans faille qu'il a apporté au régime gaulliste.
L'Algérie d'abord.
En 1957, quelques mois avant sa participation au gouvernement, il
signe une pétition contre la torture en Algérie. Mais une fois
au gouvernement, il n'aura que sarcasmes pour ses cosignataires :
Pour mettre un terme à la guerre d'Algérie, où vaut il
mieux être ? Au café de Flore ou au gouvernement ?
leur répond-il.
Mai 68 ensuite.
Le vieux révolutionnaire va t-il se réveiller ?
Non, cette fois Malraux est de l'autre côté des
barricades. Il ne voit dans mai 68 qu'une
Illusion lyrique.
C'est lui qui fera évacuer le théâtre de l'Odéon et
suspendre son directeur, Jean Louis Barrault.
Malraux et Michel Debré
manifestant leur soutien à de Gaulle.
Malraux est-il vraiment heureux de ce nouveau rôle ?
En ces deux occasions (et en d'autres aussi ) les intellectuels
de gauche crient à la trahison, en appellent à l'ancien
compagnon de route de la lutte antifasciste. On a effectivement
des difficultés à reconnaître le combattant de Teruel ou le
révolté de l'Indochine enchaînée dans le ministre du
général de Gaulle. Malraux n'a pourtant trahi aucune
idéologie, il n'en a jamais eu. Le rebelle avait soif de
reconnaissance, il a mis de côté sa révolte pour une part du
pouvoir.
Le dandy et l'aventurier |
Le combattant |
L'écrivain
Discours |
Chronologie |
Bibliographie